Un espoir pour des millions
d’asthmatiques
Depuis plus de 50 ans, les crises sévères d’asthme étaient principalement traitées par des comprimés de corticoïdes. Aujourd’hui, une avancée capitale promet une meilleure qualité de vie aux personnes souffrant de la maladie : Des chercheurs du King’s College de Londres, en partenariat avec l’Université d’Oxford, ont démontré l’efficacité d’un anticorps monoclonal, le benralizumab, administré au moment même de la crise chez des patients souffrant d’asthme sévère ou de COPD (Chronic obstructive pulmonary disease).
Ce traitement, déjà autorisé dans certains cas graves, a été rendu possible grâce à des tests rigoureux sur plusieurs espèces animales dans les phases précliniques – parmi lesquelles les singes cynomolgus, originaires de Maurice entres autres. Leur proximité biologique avec l’humain a permis d’analyser les réponses immunitaires dans des conditions réalistes et contrôlées. Ces recherches ont été essentielles pour garantir la sécurité et l’efficacité du médicament, comme en témoignent plusieurs publications scientifiques*.
Résultat : Les échecs thérapeutiques ont été réduits de jusqu’à 400% comparé aux corticoïdes traditionnels, une diminution des hospitalisations, et une meilleure qualité de vie pour les patients.
L’importance de la recherche
Les traitements comme le benralizumab sont issus de longues années de recherche biomédicale, dont les étapes clés passent par des essais sur les animaux comme les singes cynomolgus. Leur contribution est essentielle pour le développement de thérapies ciblées, en particulier contre l’asthme sévère, une pathologie encore trop souvent sous-estimée et sous-traitée. Dans un contexte mondial où les maladies respiratoires progressent, la recherche demeure nécessaire – Ethiquement, scientifiquement, et humainement.
Un soulagement pour les familles… et le budget
Ce nouveau traitement a démontré une réduction de 83 % des cas sévères et des visites aux urgences dans plusieurs études. Aux États-Unis, le taux de mortalité lié à l’asthme a baissé de 44 % grâce à de meilleures prises en charge. En plus de sauver des vies, cela représente des économies majeures pour les systèmes de santé. À Maurice, de nombreux enfants asthmatiques manquent régulièrement l’école, une conséquence directe des crises mal contrôlées. Réduire les hospitalisations, c’est donc aussi redonner un quotidien plus stable aux familles.
De telles avancées ne seraient pas possibles sans la collaboration continue entre chercheurs, universités et partenaires engagés dans la recherche biomédicale.
” Témoignage médical
Dr Hanssa Summah, pneumologue à Maurice
9 % des adultes et environ 12% des enfants à Maurice souffrent d’asthme, selon une étude réalisée il y a plus de dix ans. Depuis quelques années on constate une augmentation des formes sévères d’asthme. La prise en charge de l’asthme sévère demeure complexe : malgré un traitement intensif et une bonne adhésion au traitement, les patients présentent des exacerbations récurrentes. Cela implique souvent un recours prolongé aux corticoïdes, entraînant des effets secondaires notables tels que l’obésité, le diabète, le glaucome, la cataracte ou encore l’ostéoporose. Le benralizumab, initialement indiqué chez les adultes atteints d’asthme éosinophilique, de polypose nasale et d’exacerbations fréquentes, est désormais approuvé pour les enfants de 6 à 11 ans. Bien qu’il ne soit pas encore disponible à Maurice, ce traitement représente une véritable opportunité pour mieux contrôler l’asthme, réduire les exacerbations, et améliorer à la fois la fonction pulmonaire et la qualité de vie des patients les plus sévèrement touchés.
Qu’est-ce que l’asthme ?
L’asthme est une maladie chronique des voies respiratoires qui affecte plus de 339 millions de personnes dans le monde et cause plus de 417 000 décès chaque année. Lors d’une crise, les bronches se rétrécissent, provoquant des difficultés respiratoires parfois mortelles.
Bien que les inhalateurs et bronchodilatateurs offrent un soulagement, les avancées récentes en biothérapie donnent enfin aux patients une chance de vivre mieux, plus longtemps et avec moins d’effets secondaires. Ces traitements sont le fruit de décennies de recherche scientifique rigoureuse.
Référence:
• Wu YL, Hirata I, Ohta K, et al. “Evaluation of the Safety of Benralizumab in Preclinical Studies.” Toxicol Pathol. 2013;41(7):1020–1029. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3587289/
• Busse WW, Katial R, Gossage D, et al. “Safety profile, pharmacokinetics, and biologic effects of benralizumab.” Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2010. Disponible sur : https://www.jacionline.org/article/S0091- 6749(10)00590-7/fulltext
• Organisation mondiale de la Santé. “Faits et chiffres : Asthme.” Disponible sur : https://www.who.int/fr/news-room/facts-in pictures/detail/asthma
• Sciences et Avenir. “Crises sévères d’asthme : l’espoir des anticorps monoclonaux”, 2025. Disponible sur : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/allergies/crises-severes-d-asthme-l-espoir-des-anticorps-monoclonaux_182467
